Texte par Paulyne Sombret

FloraMazette, un nom frais et local, tout comme les fleurs coupées par Céline Casali, fondatrice de cette ferme de petite surface. « Mazette », c’est une expression du sud-ouest de la France, région d'où vient Céline, et sa manière à elle de faire un clin d'œil à ses origines. Ancienne apicultrice reconvertie en horticultrice bio hors pair, l’histoire de Céline Casali est une aventure inspirante qui donne de l'espoir pour le futur de l’agriculture biologique, le symbole d’un mouvement qui ne fait que commencer.

Jeune femme dévouée, Céline Casali revolutionne aujourd’hui l’industrie des fleurs coupées en France. Détentrice d’une licence en biologie, Céline a voyagé entre la France, le Canada et l’île de la Réunion avant de se spécialiser avec un master en biodiversité et évolution, à l’EMS à Paris. Une fois son diplôme en poche, c’est en Nouvelle-Zélande qu’elle décide de s’installer. Elle y passe deux saisons en tant qu’apicultrice durant lesquelles elle développe aussi ses connaissances sur les techniques de maraîchage en créant son propre jardin.

Après deux ans à l’etanger vient le moment de rentrer en France, dans les côtes d’Armor, où elle continue la culture de légumes tout en réalisant ses premiers essais de fleurs coupées. Un secteur où, contrairement au maraîchage en petite surface, les références économiques et techniques sont encore peu nombreuses. Outre sa passion pour les abeilles, c’est le travail de recherche, d’observation et d’analyse qui a poussé Céline Casali à se lancer dans une nouvelle aventure.

En octobre 2020, un projet de longue date prend vie, Céline crée FloraMazette, sa ferme de fleurs coupées bio située à Baulon, à côté de Rennes, en France. Un espace de production d’un hectare en agriculture biologique où le maître mot est : respect. Le respect de la terre mais aussi de la biodiversité, des saisons et de notre planète : « les fleurs sont cultivées par une équipe passionnée dans le respect du sol et de l’environnement. On investit dans la biodiversité, la santé de notre sol et on veut participer au retour d’un écosystème stable en osmose avec une activité agricole. Les fleurs sont conduites sans traitement et s'intègrent dans le paysage naturel qui est notre première source d’inspiration » lance Céline
 

« Floramazette s’inscrit dans le mouvement de producteurs et fleuristes qui s’organisent pour construire ensemble le changement d’organisation de la filière. On désire produire local, en faire profiter un tissu économique et social de proximité. »

Mais cette décision a d’abord été marquée par de profondes interrogations. En effet, à la différence de la production de légumes qui répond à un besoin physiologique, et est donc un achat de nécessité, l’achat de fleurs est un achat spontané, un achat plaisir. C’est grâce au soutien de son entourage et de ses clients, ainsi qu'à la récente recrudescence du mouvement de maraîchage en petite surface - combiné aux solutions que celui-ci apporte aux problèmes liés au réchauffement climatique, que Céline a décidé de se lancer.

Petit à petit, elle récolte les résultats de ces observations et des tests effectués au cours de ces années d'échantillonnage contribuant ainsi au renfort des données au regard de l'horticulture biologique : « Floramazette s’inscrit dans le mouvement de producteurs et fleuristes qui s’organisent pour construire ensemble le changement d’organisation de la filière. On désire produire local, en faire profiter un tissu économique et social de proximité. J’ai démarré cette aventure par amour de l’agriculture et surtout parce que je souhaite que les personnes de ma communauté puissent en profiter, vivre les émotions que j’ai au quotidien, se régaler les yeux et fleurir les maisons » confie-t-elle.

Les stagiaires commencent aussi à toquer à sa porte, désireux de participer au changement dans notre manière de produire et de consommer. Aujourd’hui, en France, on compte en effet de plus en plus d’installations de micro fermes biologiques combinées à une augmentation des inscriptions dans les centres de formation agricoles.

 

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*Ici adapté pour le web. Tu peux lire l'article complet dans la version française du quatrième numéro du Magazine Growers & Co.
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