Rencontre avec Cheyenne Sundance

Texte par Stephanie Mercier Voyer

 

Avec sa ferme urbaine en pleine expansion et ses programmes pour soutenir les communautés pauvres et marginalisées, la Torontoise Cheyenne Sundance fait bouger les choses.

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C’est une véritable bouffée d’air frais qui nous envahit en discutant avec Cheyenne Sundance, cette agricultrice charismatique de 23 ans, à l’origine du projet Toronto’s Sundance Harvest. C’est surtout rafraichissant, après une année marquée par l’agitation causée la pandémie de COVID-19 et les protestations mondiales contre le racisme systémique. Cette Ontarienne de naissance au sourire communicatif est futée, cela ne fait aucun doute, mais ce qui la rend si unique, à part son succès incroyable en tant que jeune fermière, c’est son engagement immuable envers la cause de la justice sociale en agriculture.


« Un grand nombre de jeunes fermiers peuvent compter sur une parcelle de terre pour démarrer leur ferme. Je n’ai pas eu le privilège d’avoir hérité d’un patrimoine intergénérationnel. »



Comme plusieurs agriculteurs de son âge, Cheyenne ne provient pas d’une famille d’agriculteurs. En tant que femme métisse, elle a grandi dans un quartier à faible revenu de Toronto où elle a constaté comment l’insécurité alimentaire affectait de manière disproportionnée sa communauté et à quel point un changement s’imposait. Dans les faits, une étude sur l’insécurité alimentaire au Canada, réalisée par le programme PROOF, a révélé que le taux le plus élevé d’insécurité alimentaire se retrouvait chez les personnes autochtones (à 28,2%) ou dans la communauté noire (à 28,9%).


Malgré les obstacles rencontrés, Cheyenne dirige maintenant Sundance Harvest, une ferme prospère à but lucratif qu’elle a créée en 2019. Située au coeur de Toronto, elle y cultive une variété de fines herbes, de micropousses, de fruits et de légumes qu’elle vend par l’entremise du modèle de l’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC) et du Marché Dufferin Grove Farmers. L’agricultrice radicale dirige également un programme gratuit de mentorat et un programme de partage de parcelle appelé Liberating Lawns réparti dans toute la ville. Comme bien des entrepreneurs de sa génération, Cheyenne fait bon usage de sa plateforme Instagram, avec plus de 20 000 abonnés, pour partager des conseils en agriculture et pour mousser la représentation des personnes autochtones, noires et de couleur en agriculture en l’agrémentant de photos ensoleillées où elle-même présente l’abondante fraicheur de ses récoltes venues tout droit de sa serre.

« Plusieurs des fermiers que j’ai rencontrés l’avaient été toute leur vie durant, mais ils ne voyaient pas leur occupation comme un métier. Pour eux, ce n’était qu’un moyen de subsistance. »


À 17 ans, Cheyenne s’est familiarisée avec les principes de l’agriculture paysanne lors d’un séjour à Cuba pour travailler dans une ferme. Elle a constaté que les collectivités pratiquant l’agriculture à petite échelle étaient en mesure d’exercer un plein contrôle sur leur système alimentaire, de la préservation des graines à la récolte, en passant par la distribution et la vente de leurs produits.

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*Adapté pour en ligne, vous pouvez lire l'article au complet dans le premier numéro du Magazine Growers & Co.