La vie de campagne - Casa Dunya

Nous nous sommes rendus à Casa Dunya pour rencontrer Anita et Nils, deux artistes créatifs qui se sont installés dans leur propre petit coin de paradis il y a près de 15 ans. Les deux parlent de famille, de nature, de nourriture et de la clé du bonheur dans notre dernière série : La vie de campagne  

 

 

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Selon vous, quelle est la recette du bonheur ?

N : Je pense que la recette du bonheur, pour moi, c’est juste d'être reconnaissant. On se réveille tous les jours en ayant l'occasion d'être heureux, d'être créatif, de ne pas trop stresser et de trouver de la joie dans des choses vraiment simples. Je suis assez content d’avoir créé notre propre monde, je n’ai pas besoin de me le rappeler. Je préfère être avec un groupe d’amis qui cuisinent et créent de la musique ensemble, tout ça en étant heureux.

A : Je ne sais pas si c'est une recette, car les recettes se répètent, et le bonheur devrait être nouveau. Mais le secret pour moi serait l'amour, la nature et la santé. L'amour, la nature et la santé sont les ingrédients, et ensuite la recette serait de les mélanger.


« La recette serait la suivante: restez dans le bac à sable et continuez de jouer, comme si vous étiez un enfant. »


Nous sommes curieux d'en savoir plus sur vous.

N : Je m'appelle Nils Fluck et je suis moitié suédois et moitié anglais. Je suis né en Iran et j'ai grandi en Afrique et en Asie. Je suis venu au Canada lors d’un voyage, ça me semblait être un endroit très intéressant. Je suis venu ici pour un voyage en voiture et je suis toujours là 25 ans plus tard.

A : Moi, je suis Anita. Nils et moi vivons ici depuis 15 ans maintenant. La maison que nous avons choisie est un endroit calme, nous n'avons pas de voisins. C’est notre paradis.

Que signifie pour vous le fait d'avoir un jardin à la maison ?

A : Pour moi, c’est important de pouvoir cultiver nos propres légumes : on sauve toutes les étapes, de la production à l’emballage. On passe directement prendre nos légumes. C’est vraiment satisfaisant ensuite de cuisiner et de faire des repas complets avec tout ce qu’on a fait pousser. Nous n'avons presque pas besoin d'aller au supermarché pendant l'été. Nous avons plus de légumes que ce dont on a besoin!

N : Je pense que la plupart des gens devraient essayer de produire quelque chose, puis essayer de consommer des produits aussi locaux que possible. Nous avons eu la chance d'avoir l'espace pour le faire, puis de créer le temps nécessaire.


Parlez-nous de Casa Dunya.

N : Et bien, toute la maison consiste à donner une seconde vie, partout où vous regardez, chaque petite pièce a une histoire. J'ai grandi dans le monde entier et j'ai beaucoup voyagé. Il y a beaucoup de gens qui ont peu mais qui gagnent encore beaucoup avec ce qu’ils ont. Pour moi, c’est la même philosophie. Je veux vraiment essayer de trouver des moyens de ne pas gaspiller, de la nourriture aux objets et aux vêtements.

Ceci est un très bon exemple; c'est un morceau de peuplier qui bloquait la route, il était tombé. Alors au lieu de simplement le brûler, je fabrique une série de planches à découper.

Comment donner vous une seconde vie aux objets qui vous entourent ?

N : La maison était complètement abandonnée quand nous sommes arrivés. Quand nous l'avons achetée, il y avait des fenêtres cassées, il n'y avait pas de cuisine ni de salle de bain. C'était complètement délabré, mais certaines choses méritaient d'être sauvées. Un projet comme cela prend en fait beaucoup de temps et d’énergie, il serait plus facile de construire une nouvelle maison, mais il y a quelque chose de beau dans les histoires qui viennent avec. Elles doivent être préservées et donnent aussi du caractère à l’espace.

A : On devient plus créatifs en utilisant les ressources qu’on a directement à la maison : on fait pousser, on recycle, on réutilise. Il y a eu des moments où j’aurais voulu jeter certaines choses, mais Nils disait toujours : «oui, oui, on le garde, on le garde». Et puis à un moment donné, 5 ans plus tard il me dit : «tu vois - cette chaudière-là, nous l'utilisons pour quelque chose ! »

Comment Casa Dunya inspire votre travail ?

A : En travaillant dans un domaine créatif et artistique, quand j'écris une pièce, c'est rare que toutes mes idées me viennent en une heure : c'est un processus qui se déroule tout au long de la journée. J’écris devant l'ordinateur et si ça ne marche pas, je laisse tout là. Je vais marcher, je vais voir les fleurs ou je désherbe le jardin. Parfois, c'est quand je suis dans le jardin que les idées commencent à venir. C'est vraiment une source d'inspiration de vivre à la campagne.

Les enfants ont-ils aimé grandir à Casa Dunya ?

A : Pour les enfants, vivre ici à la campagne et avoir un endroit pour courir, explorer, ça n'a pas de prix.

N : Au quotidien, les enfants sont impliqués et ils ont tendance à être super créatifs et enjoués. Même que Mikkel commence à construire ses propres sauts de BMX et des trucs comme ça. Je leur ai donné une boîte à outils ce printemps juste pour leurs propres projets, afin qu'ils n'aient plus besoin de me déranger. Ils peuvent s’y adonner et commencer à construire des choses pour eux-mêmes.


« La structure autour de moi, la maison que nous avons, le studio… c’est toujours un voyage. Vous pouvez amener des amis dans un espace comme celui-ci et créer des moments magiques. »


Dites-nous en plus sur votre amour pour la musique.

N : En voyageant à travers le monde, j'étais toujours celui qui jouait de la musique et créait l’ambiance. La musique est une importante partie de tout ce que je fais. En famille, nous finissons toujours par en écouter. En hiver par exemple, nous sommes ici douillets et je trouve souvent de vieux disques : on sort des albums que nous n’avons jamais écoutés. Nous découvrons donc toujours de nouvelles musiques.

Je n’écoute pas vraiment la radio donc je trouve ma musique surtout en cherchant en ligne des pistes électroniques pour le DJing, mais le reste est toujours comme une petite découverte aléatoire.

Comment équilibrez-vous tout cela, quel est le secret pour que tout fonctionne ?

A : Nils et moi faisons une bonne équipe ; tout ce que nous faisons avec la maison est comme un échange. Nous sommes même souvent surpris du résultat. Ça se fait tout seul, en harmonie, et après, nous nous regardons et disons : wow, on a fait ça !?

N : Nous savons comment bouger et puis les enfants tournent autour de ça. C’est vraiment naturel, nous n’avons pas à travailler trop dur pour trouver cet équilibre.