La Permaculture avec Jeffrey Adams

Texte et photo par Catherine Bernier

 

Amatrice de surf, Catherine vit au rythme des marées et prévoit un retour imminent à la terre. Déjà, elle s’intéresse aux végétaux indigènes et cueille des plantes des berges, comme le poids, le chou et l’épinard de mer, mais elle rêve de cultiver une variété de légumes et de fruits résilients aux intempéris dans les maritimes. Aucune vague à l’horizon, elle se joint aux corvées printanières chez la famille Adams et nous plonge dans l’univers d’un père de famille, passionné de surf et de permaculture, qui est prêt à tout pour léguer une terre plus riche à ses fils.

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Jeffrey Adams se passionne pour la permaculture sur petite surface. Les défis concrets que pose la recherche de la soutenabilité énergétique dans un environnement restreint sont, de fait, immenses. Toutefois, le concept, à l’origine agricole, s’accompagne aussi d’une éthique - d’un ensemble de principes et de valeurs - qui vise à créer des habitats humains plus harmonieux, durables et résilients. C’est ce qui l’anime avant tout.

Lorsqu’il n’est pas à son café-boulangerie à Grand Desert, en Nouvelle-Écosse, Jeff peut être trouvé à bricoler un nouvel outil pour jardiner, à construire un poulailler à partir de matériaux recyclés ou encore à shaper une planche de surf dans sa grange. Autodidacte de nature, il doit ses nombreux talents à l’apprentissage par essais et erreurs...

Le temps venu, il entend bien disséminer son savoir-faire au sein de sa communauté et souhaite pouvoir transmettre ses habilités à ses fils. Pour l’instant, Roan, 6 ans, apprend surtout par le jeu et l’imitation. Jeff a la conviction que lui et son jeune frère Timo découvriront à leur tour la richesse de partager, de passer au suivant. Et alors, Jeff aura non seulement réussi à transformer sa terre argileuse en terreau fertile, mais il aura assuré, par le fait même, la pérennité de son legs.

Il y a maintenant presque 20 ans, Jeff recevait une invitation pour visiter l’archipel de Vanuatu, en mer de Corail, par une famille avec laquelle il avait tissé des liens d’amitié lors d’un précédent voyage en Nouvelle- Calédonie. Spontanément, il avait décidé de saisir l’opportunité qui lui était présentée. Sur l’une des îles, il peut observer le mode de fonctionnement d’un village et il est absolument fasciné par ce qu’il voit. « Chaque famille s’alimentait au gré des saisons et avait son propre jardin, mais tous participaient aussi au jardin communautaire. Les soirs, à la radio locale, les tâches pour le lendemain, de même que le nom des familles qui devaient s’en occupées, étaient annoncés. »

« Habiter près de l’océan amène son lot de compromis. Tu veux le mode de vie qui vient avec : le surf, la plage, la nature tout autour, mais le jardinage... c’est une autre affaire. »


*Adapté pour en ligne, vous pouvez lire l'article au complet dans le premier numéro du Magazine Growers & Co.