Fisun Ercan : De cheffe à maraîchère

Texte par Véronique Leduc 
Photos par Daphné Caron
Extrait du magazine CARIBOU

 

Fisun Ercan raconte l’histoire qui l’a menée des cuisines de son feu restaurant Su, à Montréal, à la terre qu’elle cultive aujourd’hui à Saint-Blaise-sur-Richelieu, en Montérégie. Rencontrée en juin, la cheffe d’origine turque a été généreuse avec nous et, depuis trois ans, ses nouveaux jardins le sont tout autant.

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Au début de juin 2020, après beaucoup d’apprentissages et d’amour, c’est 1200 semis qui prennent le soleil dans sa véranda. Des betteraves, des carottes, des tomates, des aubergines, des haricots, des courges, des courgettes, des poivrons et bien d’autres choses en devenir qui seront mises en terre en juin et qui seront récoltées entre juillet et octobre. Et, à l’aube de sa troisième saison de jardinage, Fisun semble enfin avoir trouvé ce qu’elle cherchait depuis des années : « c’est plus facile maintenant de contrôler les variétés, la qualité et la fraîcheur de ce que je cuisine ».

« J’ai toujours eu beaucoup de respect pour l’agriculture. Pour moi, c’est ça la vraie vie : de faire pousser, de tout utiliser et d’apprécier… »


Même si, dans ses balbutiements de maraîchère, elle n’était pas autosuffisante pour les besoins de son restaurant, la cheffe n’y voit aucun problème. « Il reste important pour moi de faire équipe avec d’autres », dit celle qui collabore avec des producteurs pour sa viande par exemple, et avec d’autres maraîchers qui ont des serres pour ses légumes printaniers. Quand on lui demande si le modèle de l’agriculture à petite échelle est viable pour l’approvisionnement des restaurants, la cheffe réputée n’hésite pas une seconde. « Les maraîchers sont plus présents que jamais et les chefs sont maintenant en relation étroite avec eux. Puis, l’agriculture à petite échelle, ça marche totalement ! J’en suis la preuve : je n’y connaissais rien mais j’ai engagé un agronome ; j’ai lu, j’ai fait des tests et, sans engrais, en laissant faire la nature, j’ai produit l’an dernier une tonne de tomates ! La terre est généreuse et abondante quand on sait bien l’utiliser. »

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*Adapté pour en ligne, vous pouvez lire l'article au complet dans le premier numéro du Magazine Growers & Co.